Véhicules autonomes en Europe : ce que l'Allemagne, la Norvège et la France font différemment - 2/3

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Un règlement européen, trois trajectoires nationales. L'Union européenne fixe un cadre commun d'homologation, mais laisse à chaque pays le soin d'autoriser l'exploitation sur le terrain. Rien n'illustre mieux ce constat qu'une comparaison directe entre l'Allemagne, la Norvège et la France, trois pays, trois vitesses, trois philosophies.

L'Allemagne, la voie tracée

L'Allemagne est aujourd'hui un des pays les plus avancé sur le sujet, avec un calendrier chiffré : opérations régulières dès 2026, plus grande zone opérationnelle continue du monde d'ici 2028, intégration complète d'ici 2030. Ce calendrier s'appuie sur une loi dédiée à la conduite autonome, en vigueur depuis 2021, qui autorise un véhicule à rouler sans conducteur de secours.

La stratégie nationale allemande fait aussi des transports publics la priorité, avant la voiture individuelle, un choix qui répond à la pénurie annoncée de conducteur de bus.

Deux exemples concrets : à Düsseldorf, une navette d'aéroport est conduite à distance depuis juillet 2026, grâce à un texte qui légalise la téléopération ; à Munich, un bus électrique automatisé de la marque MAN doit entrer en test sur route ouverte dès l'automne 2026.

La navette de l'aéroport de Dusseldorf, en circulation depuis juillet 2025

La Norvège, le saut vers l'exploitation sans supervision

La Norvège a franchi, en avril 2026, une étape inédite en Europe : l'autorité des routesa autorisé deux opérateurs Vy et Kolumbus à faire rouler un bus autonome sur une ligne régulière, à Stavanger, sans aucun superviseur à bord. Un bus de niveau 4, qui circule en circulation mixte jusqu'à 40 km/h.

Le projet a démarré en 2022 avec un véhicule autonome à 85 %, nécessitant une intervention humaine régulière. Il atteint aujourd'hui 99 % d'autonomie, un même opérateur pouvant désormais superviser plusieurs bus à distance depuis un centre de contrôle unique.

Ici, l'argument économique pèse lourd : le secteur du transport public européen fait face à une pénurie de plus de 105 000 conducteurs de bus.

La France, l'expérimentation encadrée

La France avance sur le sujet selon une différente méthode : encadrer d'abord, généraliser ensuite. La loi d'orientation des mobilités (LOM) permet, depuis 2019, de faire circuler des navettes hautement automatisées sur des cas d'usage précis.

Deux exemples de terrain donnent une idée concrète de cette prudence :

  • à La Rochelle, le service Yélo Flex teste des minibus autonomes sur un territoire périurbain, mais garde un conducteur à bord pour la sécurité et l'accompagnement des voyageurs
  • à Châteauroux, le projet Mach2 poursuit l'intégration de navettes autonomes au réseau de transport existant, avec l'objectif final de basculer vers un service sans conducteur.
La navette autonome YéloFlex à La Rochelle, en opération entre juillet 2025 et septembre 2026
L'expérimentation reste le mode par défaut, projet par projet, territoire par territoire.

Les enseignements clés

Cette comparaison révèle un enseignement pour tout acteur du transport public ou du TAD :

La maturité réglementaire ne se lit pas dans le règlement européen, mais dans la loi nationale et son calendrier d'application

Cette diversité de rythmes nationaux pose une question de fond, que le dernier article de cette série met en perspective : et si l'urgence n'était pas de gagner la course au robot-taxi, mais de ne pas manquer le rendez-vous de l'intégration au réseau de transport public ?

Ce que ces retours de terrain confirment pour Padam Autonomy

Aucun constructeur de véhicule autonome ne domine encore le marché européen, et le fournisseur le mieux adapté à Stavanger ne sera pas nécessairement celui qui convient à Châteauroux ou à Munich.

C'est précisément ce que confirme l'approche défendue par Padam Autonomy : une plateforme d'orchestration technologiquement agnostique, conçue pour intégrer plusieurs marques de véhicules et plusieurs fournisseurs. Une autorité organisatrice ou un opérateur peut ainsi tester un véhicule, changer de fournisseur, ou faire coexister plusieurs technologies sur un même réseau, sans reconstruire son système d'exploitation à chaque étape.

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  • La suite de notre série sur les véhicules autonomes en Europe : le transport public ne doit pas rater son tournant 3/3
  • Pour plus d'informations sur les apprentissages de YéloFlex à la Rochelle : Lisez l'article

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